Il est temps de faire revivre la zone sinistrée par la catastrophe du 21 septembre 2001. L’actualité est donc de savoir si nous avons bien retenu toutes les leçons de ce traumatisme. Alors que les responsabilités et la cause précise de l’explosion d’AZF ne sont toujours pas établies, les pouvoirs publics et leurs partenaires privés s’apprêtent, par bien des aspects, à nous rejouer le même scénario: Depuis trois ans, le Grand Toulouse entreprend, entre autre, la construction d’un canceropôle sur le site de Braqueville. Toutes proches et mal protégées, les Ballastières, de petits étangs artificiels d’une beauté sauvage à couper le souffle, contenant encore d’importantes quantités de nitrocellulose (matière hautement inflammable), et autres déchets militaires utilisés par l’armée pendant la 1ere guerre Mondiale, réactivent avec mauvais goût la vigilance des citoyens.

La DGA, qui est en charge pour le Ministère de la Défense de la dépollution des Ballastières,s’adresse directement aux associations citoyennes lors de réunions compte rendu. Mais jusqu’où s’étend l’influence des victimes d’AZF, qui veulent une décontamination consciencieuse, à des kilomètres de celle qui se profile en ce moment-même. Le Grand Toulouse souhaitant coûte que coûte la construction de son projet médical dans les délais annoncés par Monsieur Douste-Blasy. Or l’armée a clairement signifié, compte tenue des nombreuses difficultés techniques, qu’elle ne pourrait pas dépolluer avant que le canceropôle ne soit lui-même achevé. Mais possède-t-elle seulement les compétences adéquates ? Nul ne pouvant le vérifier, il faut croire que la confiance règne.

Lors de ce reportage, afin de nous faire clairement expliquer toutes les finesses de ces rapports entre cabinets d’experts, normes européennes, et volontés ministérielles, nous avons contacté une petite entreprise de dépollution chimique, ayant elle-même déclinée l’offre d’appel concernant les Ballastières. Contraints par des impératifs de dernières minutes, l’entretien eu lieu par téléphone. Aussi remercions-nous nos interlocuteurs pour s’être mis entièrement en toutes circonstances à notre disposition.En conclusion, comme le précise Rose Frayssinet dans un article datant de décembre 2006, « à Toulouse, on a pu mesurer [avec l’explosion d’AZF], en grandeur réelle, l’ampleur des conséquences d’une telle catastrophe industrielle. Il serait bon que ces résultats soient connus des industriels et des politiques qui laissent perdurer des sites à risques en milieu urbain. »

La directive dite Seveso est une directive européenne qui impose aux états d’identifier les sites à risques. Celle-ci impose des exigences en matière de sécurité et met l’accent, entre autres, sur les mesures de prévention, les programmes d’inspection des entreprises et l’urbanisation autour des usines à haut risque.

La d.r.i.r.e. met à disposition sur son site internet le compte rendu des réunions avec la DGAhttp://www.midi-pyrenees.drire.gouv.fr/

Nous vous invitons aussi à consulter « Toulouse, ville explosive », article rédigé par le président des Amis de la Terre à l’adresse suivante : http://calle-luna.org/article.php3?id_article=95

Reportage : Xavier Cazaux Zago ,Julien Chalais