C’était dimanche 22 avril, 21 heures, au QG de la Fédération du Front National des Bouches du Rhône : à chaud, cadres et militants livraient leurs analyses de la lourde déconvenue électorale pour l’extrême droite. D’abord, dans un état certain de choc, Alain Chamberlain, responsable du FNJ du département, puis M. Jackie Blanc, secrétaire départemental, et M. Stéphane Durbec, conseiller régional et membre de la Commission permanente. A la fin, Thomas, simple militant au tatouage édifiant (Obélix portant le menhir de la flamme du Front) est celui qui en vient, sans la nommer, à mettre en cause Marine Le Pen, directrice stratégique du candidat FN, et la ligne qu’elle a impulsé. Le nom de M. Nicolas Sarkozy est, lui, sur toutes les lèvres : dans ce bastion historique, terreau essentiel du Front, où, depuis 1988, le parti n’a cessé d’arriver en tête de chacun des premiers tours, on semble déjà comprendre que la stratégie du candidat UMP, qui a honoré le département de visites incessantes ce dernier mois de campagne, a bel et bien payé.
Le 1er mai, le candidat du Front annonçait sa consigne de vote, l’abstention. Mme Marine Le Pen affirme elle que « l’électorat de J.M. Le Pen va faire la différence » et que « le seul qui a véritablement les clefs du second tour », c’est son père…
Au final, pour ce premier tour, à la défaveur d’un taux de participation record, les résultats pour Marseille font tomber le score du FN de 23,34% en 2002 à moins de 14% cette année. La moyenne départementale s’établit à 14,01%.

Karin Yaniv