Nous avons reçu ces deux jolies vidéos et ce texte pour défendre l’idée d’une certaine culture dans notre pays. Nous sommes fiers de les publier sur LaTéléLibre. Une manif est prévue le 29 février.

L’idée maîtresse du service public de la culture français, construit depuis la Libération et (plus ou moins bien) développé tout au long des années Mitterrand, est de permettre l’accès de l’art à tous en dehors des impératifs de rentabilité.
Or les directives de l’Organisation Mondiale du Commerce (dont s’inspire la politique européenne actuelle), considèrent cet accès démocratique à l’art comme « une entrave au commerce »… Ce service public de la culture est aujourd’hui menacé (comme tous les autres services publics), par une politique directement inspirée par le système nord-américain.
Il s’agit pour nous de protéger le geste artistique de cette dérive marchande qui vise à transformer l’art en produit de consommation, et par conséquent à en détruire le sens.
Voilà pourquoi nous avons choisi pour totem l’ours, animal en voie de disparition (qui ne deviendra jamais un mouton).

Nous sommes extrêmement préoccupés par la situation qui est faite aujourd’hui aux artistes, spécialement dans le domaine des arts vivants (théâtre, danse, marionnettes, etc…). Le clair désengagement de l’État dans ce domaine est le signe de l’abandon d’une spécificité française dont (jusqu’à aujourd’hui) nous sommes particulièrement fiers, ce que l’on appelle « l »exception culturelle ».
Nous ne proposons pas une manifestation classique, mais un rendez-vous artistique régulier : que tous ceux qui souhaitent s’associer à cette démarche manifestent artistiquement leur soutien, à leur manière, partout en France, chaque mois, jusqu’à ce que cette question lancinante apparaisse dans l’espace public et médiatique.

Nicolas Roméas, pour Cassandre/Horschamp
Le 29 février, les ours s’associeront à la grande manifestation nationale pour la diversité culturelle qui débutera à 15h Place du Palais-Royal.